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ITE dénonce le projet de doublement du tunnel du Fréjus
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Communiqué de presse de l'Initiative Transport Europe, 19 avril 2005
Le ministre français des Transports, Gilles de Robien, et son homologue italien
Pietro
Lunardi ont abordé hier la construction d’une galerie de sécurité au Fréjus et
le
doublement routier du tunnel. L’Initiative Transport Europe est favorable à une
galerie
de secours permettant d’augmenter la sécurité, mais elle dénonce avec force
tout projet
de construction d’un deuxième tube et sera extrêmement vigilante sur la suite
donnée à
ce projet. Un doublement permettrait l'augmentation du trafic des poids lourds
à travers
les vallées de la Maurienne/F et de Suse/I, alors que le nombre de camions y
est déjà
beaucoup trop élevé aujourd’hui et qu’il faut le réduire de toute urgence.
L'Initiative Transport Europe (ITE) – un réseau qui regroupe 47 associations
qui s’opposent au
trafic de transit et sont actives dans tous les pays de l’arc alpin et dans
d’autres régions
sensibles (Pyrénées, Vosges, Jura) – attire également l’attention sur le fait
que cette décision
aurait des répercussions importantes sur toute l’Europe, étant donné le
caractère international
de l’axe du Fréjus. Un doublement du tunnel serait donc combattu avec la plus
grande
détermination par les associations de protection de l’environnement de toute
l’Europe. Cellesci
dénoncent déjà le niveau actuel de trafic dans les vallées de montagne, où les
nuisances
atteignent depuis des années un niveau insupportable (bruit, pollution,
recrudescence de
l’asthme chez l’enfant et l’adulte…).
Plus de sécurité par le transfert des marchandises vers le rail
Des nombreuses études ont montré que les conditions de sécurité dans un tunnel
ne
dépendent pas du nombre de tubes, mais de nombreux facteurs comme de
l’éclairage, la
vitesse, la longueur de l’ouvrage, le pourcentage des poids lourds ou encore la
présence
d’arrêts d’urgence. Comme les catastrophes du Mont-Blanc, du Tauern et du
Gothard l’ont
montré, les poids lourds constituent un risque énorme dans le tunnels. La
meilleure manière
d’améliorer la sécurité dans les tunnels alpins est donc le transfert de la
route vers le rail. Une
galerie de sécurité peut contribuer à sauver des vies, comme cela avait été le
cas au Gothard,
mais l’augmentation de la capacité routière par la construction d’un deuxième
tunnel attire un
nombre plus importants de camions et augmente donc les risques d’accidents.
Les populations refusent les deuxièmes tubes… mais n’ont pas leur mot à dire
Les efforts visant à rendre la politique européenne des transports conforme aux
principes du
développement durable subissent une nouvelle attaque. En contradiction totale
avec la
position officielle des instances françaises et européennes – qui basent leur
politique des
transports sur la promotion du rail – les décideurs souhaitent l’augmentation
de la capacité
routière dans les Alpes comme dans les Vosges. Les populations concernées n’ont
pas leur
mot à dire. Pourtant, l’exemple suisse nous montre que lorsque le peuple est
consulté, celui-ci
refuse la construction de nouveaux tunnels transalpins. Lors d’un référendum en
février 2004,
tous les cantons suisses, et une moyenne nationale de 63 % de la population,
ont refusé le
contre-projet Avanti, qui prévoyait justement un doublement du tunnel routier
du Gothard.
Pour tout complément d’information:
Toni Aschwanden, Co-Président ITE
Anne Lassman-Trappier, membre du comité ITE
info@ite-euro.com
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